becca Seror

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LES ZAPATISTES

La première rencontre

des femmes zapatistes

Mexique  

Mars 2018

Caracole de Morelias, état de Chiapas, Mexique

La lutte Zapatiste est un combat symbolique personnes marginalisées qui se sont regroupées pour défendre leurs droits. À travers cette lutte, c’est le mode de gouvernance, les rapports sociaux, la logique de production et de distribution qui sont dénoncés. Les Zapatistes est un modèle qui inspire et dont les actions menées reflètent des envies mondiales.

Le 8 mars 2018,  a  eu lieu dans le « Caracole » de Morelia, état de Chiapas au Mexique, la première rencontre politique, artistique, sportive et culturelle des femmes qui luttent . Les femmes Zapatistes ont été à la tête de cette grande initiative: un exemple de lutte universelle. Plus de 5 000 femmes (certaines sources parlent de 10 000), femmes du monde entier, de tout âges, couleurs, tailles, proportions, cultures, grands mères, mères et enfants se sont rassemblées pour cet évènement…. Ce fut un mélange impressionnant de corps bigarrés qui se sont mouvés, dans la même dynamique pendant les quatre jours du festival: celle de penser à un monde meilleure, celle de lutter pour la liberté, celle de faire de nos différences notre force.

Les Zapatistes sont un symbole empreint de philosophie: « changer de manière de penser pour changer le monde ».

« Et nous voyons, par exemple, ces arbres qui sont là et que vous autres appelés « forêts » et nous autres ont les appelle « collines ». Ok, mais nous savons que dans ces forêts, dans ces collines, il y a beaucoup d’arbres qui sont différents. Et nous savons qu’il y a, par exemple, le sapin ou le pin, il y a l’acajou, le cèdre, et il y a beaucoup de types d’arbres […] Nous le savons, oui, mais quand on le voit comme ça nous disons que c’est une forêt, ou que c’est une colline. Ici nous sommes comme une forêt ou comme une colline. Nous sommes toutes des femmes […] nous sommes différentes mais nous sommes égales. » Passage du discours d’ouverture

Quel merveilleux défi de réunir toutes ces femmes sur « ce petit bout de terre » pour que la conscience se reflète entre toutes dans un temps et espace commun; pour donner le pas à une lutte collective. Pour que toutes, nous n’oublions pas que le combat pour la liberté est une lutte propre à chacune. Que ça soit les hommes ou le système, personne ne détient la réponse quant à cette liberté si ce n’est nous même.

“Il existe –dans cette planète Terre et dans le continent appelé Américain, un pays: le Mexique…ce morceau de terre, d’eau, de ciel  et de rêve que nous avons hérité de nos anciens, les premiers habitants de ces terres, les indigènes qui furent graduellement oubliés dans un coin tandis que le reste grandissait jusqu’au point de ne posséder rien de plus que notre histoire pour nous défendre et pour ne pas mourir.  Et voici qu’il arriva un jour où un seul pays, le pays de l’argent, se mit au dessus de tous les autres drapeaux en se présentant avec le nom de “Globalisation” ou “Mondialisation”, et alors nous avons appris  le nom de cet ordre absurde qui efface les  frontières et où l’argent est l’unique patrie qu’il faut servir…La corruption et la fausseté furent les principaux produits d’exportation et le mensonge fut si grand que nous avons fini par le prendre pour vérité. Aux forums internationaux  la pauvreté fut prise pour une invention qui se perd devant le progrès de l’économie. Et nous ? Nous comprîmes que jamais, notre histoire ne nous suffirait comme abri. C’est alors que nous décidions de prendre les armes et d’entrer dans ces villes où nous n’étions que des animaux. Et alors nous avons dit aux puissants “Nous voici” et à notre pays entier et au monde nous avons crié “Nous Voici”…et pour être vus, nous avons caché nos visages, et pour être nommés, nous avons nié notre nom, et en défiant le présent, l’aujourd’hui, pour avoir la possibilité de vivre un temps futur, nous nous sommes disposés à mourir.”  Discours du Commandant Marcos

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“Il faut nous débarrasser des vieux schémas, reconnaître la réalité telle qu’elle est, en abandonnant les mythes dans lesquels nous vivons, bref, apprendre à penser autrement, parler autrement. Réfléchir ensuite à la mise en place de nouvelles formes d’organisation des luttes: non plus centralisées et dogmatiques mais autogérées.  Non pas internationalistes, mais régionalistes, se constituant en unité par une convergence objective -à rapports transversaux pour se substituer aux rapports hiérarchiques. » 

Louis Althusser

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“Cette petite lumière c’est pour toi. Prend la avec toi, ma sœur et camarade. Quand tu te sens seule, quand tu as peur, quand tu sens que la lutte se fait plus dure, ou alors la vie. Allume la une fois de plus dans ton cœur, dans tes pensées, dans tes tripes. […] Emmène-la avec toi et convertie la en rage, en colère, en décision. Emmène-la et joint la à d’autres lumières. Emmène-la et peut être que plus tard parviendront à tes pensées qu’il n’y aura ni vérités ni justice ni liberté dans le système capitaliste patriarcale. Alors peut être nous nous reverrons pour mettre feu au système.”  

Passage du discours de clôture.

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​© 2019 Rébecca SEROR 

Les photos et les textes présentés sur ce site ne sont pas libres de droits 

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