becca Seror

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CHÉRAN

Lieu d'enchantement

Mexique  

Décembre 2017

Cherán, état de Michoacán, Mexique

Cherán, lieu des grands sorciers, est aussi un exemple d'indépendance et d'autonomie au cœur du combat permanent pour la démocratie que connaît le Mexique. Sur les plateaux des Purépechas, Cherán fait parti de ces quelques municipalités de l'état de Michoacán, où les parties politiques se présentent sous une nouvelle forme ou plutôt ne se présentent pas car ils n'existent pas. Ici, le peuple s'organise selon un système d'us et coutumes qui leur permet de trouver des solutions de manière collective à toutes questions relatives à la sécurité, l'économie ou la gestion de la communauté en général...
En usant de nombreuses tactiques répressives, en saccageant les forêts sacrées de Cherán, en massacrant quiconque se risquant à défendre son territoire, à défendre son environnement naturel, des bucherons s'installèrent à Cheran. En 2011, les habitants de Cherán expulsèrent ces derniers, cause  d'une perte de richesse du village: les arbres.  Alors que les  bûcherons séquestraient cinq femmes dans la chapelle d'une église, les habitants de Cherán se sont unit afin de sauver leur identité et leur environnement. Ils reprirent le pouvoir sur ce qui leur appartenait et mirent fin à une tyrannie inacceptable. Aujourd'hui, on se sent en sécurité et une forme de tranquillité est perceptible dans l'ensemble de la petite ville.

Quand les gens s'unissent, quand une communauté s'organise et se coordonne de manière autonome, naît un bien être général et commence à germer  les prémisses d'une vie autogérée.


Le jour se lève sur Cherán et les commerçants s'installent: fromage reconnu mondialement, légumes laissés pour compte sur la majeure partie du territoire mexicain (comme le "quelite", un ingrédient phare dans la cuisine mexicaine préhispanique) ou encore quelques plantes médicinales. Ce marché témoigne des grands héritages du pays, il permet d'entrevoir  la sérénité de la vie à Cherán. Les sources d'eaux sont un autre secret de la richesse du village. Les gens trouvent une eau propre et gratuite pour les usages externes. Grâce au capteurs d'eau de pluie, ils reçoivent une eau potable, "fabriquée" sur place, à un prix tout à fait acceptable (40 centimes les 10 litres). Cette installation permet ainsi au 5000 habitants de boire une eau qui contribue à l'économie de la communauté. Mais Cherán n'a pas encore dévoilé toutes ses ressources! Après l'expulsion des bûcherons, fut créé une "coopérative". Cette dernière formée  pour gérer les forêts, exploita la résine des pins et toutes les richesses attenantes à "l'arbre sacré": une ressource inestimable pour l'emploi et l'économie de la communauté. Cherán utilise son environnement avec intelligence et savoir. C'est dans cet esprit que la ville préserve toute sa grandeur et son originalité, à l'intérieur d'un Mexique où les traditions se perdent et où, tous les jours, l'influence extérieur transforme le communautarisme en  individualisme.
 
Au final, Cherán offre l'opportunité d'une réflexion quant à la force que les gens provoquent en s'unissant. S'organiser, s'écouter, ne plus suivre aveuglement mais anticiper, ne pas rester bloqué sur une même position, aller plus loin que ce qui nous est imposé...Ce village, caché parmi les oubliés, nous rappelle l'importance à respecter les ressources que la terre nous propose en vivant en harmonie avec elle...  Comme en musique, l'harmonie est la source de l'équilibre et du bien être. Tout cela inspire une forme d'espérance.. ce que semble représenter Cherán.

​© 2019 Rébecca SEROR 

Les photos et les textes présentés sur ce site ne sont pas libres de droits 

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